Quel constat pourrait-on faire de l’antifascisme à l’heure actuelle en France ? La lutte contre le FN (ou FNMN) pronée par certains cache en réalité un véritable fond de commerce électoraliste, où tout est bon pour séduire les électeurs potentiels. Cette pêche aux voix sous couvert de citoyenneté, vise aussi bien les déçus du précédent suffrage, qu’une population jeune très attachée aux notions de droits de l’homme et de liberté. Nous sommes là bien loin du sens premier de l’antifascisme et de son véritable fondement. Pour les anarchistes, l’antifascisme fait partie prenante de la lutte menée pour transformer cette société basée sur les inégalités sociales et économiques. Le fait que nous voulions assurer un milieu social permettant à chaque individu de s’émanciper par un maximum de bien-être et de liberté, nous a toujours opposé à toute forme de capitalisme, de totalitarisme, ou d’obscurantisme.
 
Reprocher aux anarchistes leur refus de participer aux différentes mascarades électorales en les accusant de faire le jeu de l’extrême-droite, c’est avoir une totale méconnaissance sociale et historique... A moins que le but recherché ne soit de les discréditer à un moment où les idées libertaires commencent à faire leur chemin ? Le mouvement anarchiste a toujours été à la pointe des différents combats contre le fascisme, et nombreux sont les compagnons libertaires qui ont payé de leur vie le fait de s’opposer physiquement ou intellectuellement au fascisme.
 
Ceux qui appellent au front républicain ou au vote citoyen à l’aide d’arguments dégoulinants d’hypocrisie, ne sont-ils pas les mêmes qui expulsent des sans-papiers, refusent d’abroger des lois racistes, répriment des mouvements sociaux par l’envoi de CRS, ou s’acharnent contre des militants libertaires dont le seul tort a été de dénoncer leurs dérives sécuritaires ou leur laxisme.
 
Le fascisme brun ne doit pas non plus nous faire oublier le fascisme rouge, ainsi que les différentes formes de répression qu’ont dû subir les anarchistes et les anarcho-syndicalistes à travers l’histoire. Que ce soit sous Lénine, Mussolini, Hitler, Franco, Mao ou encore Castro, la répression qui frappa les libertaires ne leur laissa que l’exil comme alternative à l’emprisonnement ou souvent même à la mort...
 

 
Le Groupe Libertaire Jules Durand tient ses permanences le 3è mardi de chaque mois, salle des Sociétés savantes, 56 rue Anatole France, au Havre et peut être contacté à Le Libertaire, BP 745, 76060 Le Havre cedex / E-mail :  lelibertaire@wanadoo.fr