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- L'armature théorique
du syndicalisme révolutionnaire dans l'entre-deux-guerres *
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- Héritière de la
tradition havraise, lunion des syndicats précisera
à maintes reprises les buts, les actions et les résultats
du syndicalisme. Pensant que le syndicalisme ne se borne pas
à cette action revendicative journalière et immédiate,
mais qu'il est quelque chose de plus que la lutte de l'ouvrier
contre le patron, du producteur contre le capitaliste, les dirigeants
syndicalistes havrais affirmeront que quels que soient les moyens
qu'il emploie (recours auprès des pouvoirs publics, grèves,
actions directes...) le syndicalisme est révolutionnaire
par essence et qu'il annonce une société nouvelle.
Partant du principe aussi que le servage a remplacé l'esclavage,
puis que le salariat a remplacé à son tour le servage
en libérant le maître du soin de protéger
le serviteur, le salariat ne sera pas un régime définitif.
Le problème du prolétariat sera donc de s'associer
contre ses nouveaux maîtres : les capitalistes.
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- Pour cela, les ouvriers, les
techniciens, sont les vrais producteurs, ayant permis l'accumulation
de capitaux qui devront donc faire partie du patrimoine commun
du peuple plutôt que d'appartenir à des capitalistes
bien souvent oisifs. D'autant que les pouvoirs continuaient à
passer dans un nombre de plus en plus restreint de mains. Pour
remplacer le consortium d'en haut l'ouvrier s'organise alors
dans le groupement syndical, pour prendre en main la défense
de ses intérêts tout en ne méprisant pas
la corporation voisine, car les divisions dans le prolétariat
avaient toujours sauvegardé les intérêts
de la bourgeoisie. Afin d'arriver à s'organiser les ouvriers
devaient faire entre autre de la propagande individuelle et collective.
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- La propagande
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La propagande individuelle est celle
de tous les instants et doit être l'oeuvre de tous les
syndiqués qui, sachant profiter de tous les événements
de la vie ouvrière, doivent chercher à démontrer
combien l'intervention syndicale aurait pu simplifier les choses
ou produire des résultats favorables à la classe
ouvrière. Pour cela les syndiqués devaient se tenir
au courant constamment des décisions prises par les assemblées
générales de leur organisation ; soit qu'il s'agissait
de venir en aide à un camarade dans le besoin, soit pour
assumer la défense d'un blessé du travail, soit
pour faire respecter des accords ou conventions, soit pour faire
respecter les salaires, supprimer les dérogations... Il
était indispensable aussi que les syndiqués, confiants
en eux-mêmes, interviennent dans tous les mouvements ouvriers
qui auraient pu surgir dans leurs entreprises. En ce qui concerne
l'activité collective, il était impossible d'admettre
pour les responsables syndicaux que des syndiqués puissent
considérer la réunion mensuelle de leur syndicat
comme inutile.
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- Etre les amants passionnés
de la culture de soi-même
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- Le mouvement syndical serait
resté superficiel en effet s'il s'était contenté
de batailler pour des améliorations sociales en négligeant
le fond même de toute transformation sociale : l'élévation
du niveau moral et intellectuel de l'individu, du travailleur.
Mais il ne suffisait pas de parler à tout propos de «
l'éducation des masses » pour atteindre ce résultat.
Il fallait, en premier lieu, parfaire d'abord l'éducation
des militants afin que ces derniers s'emploient à leur
tour à diffuser leurs connaissances. L'effort intellectuel
était donc nécessaire. Il appartenait alors aux
personnes cultivées de se donner largement, de coeur,
de pensée, d'efforts, à leurs camarades moins favorisés.
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- Syndicat ou parti ?
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- Dans « Vérités
» de juin 1930, l'éditorialiste constate que le
capitalisme domine directement par sa puissance économique,
indirectement par son représentant, l'Etat. Il s'efforce,
par tous les moyens, d'anéantir son adversaire le syndicalisme.
Quand il le peut, il emploie les vieux moyens répressifs
qui lui réussissaient jadis : il emprisonne, il affame,
il tue. Mais souvent aussi, il recourt à des procédés
plus habiles : il cherche à canaliser, à domestiquer,
à corrompre... Seul le syndicalisme né de l'opposition
d'intérêts entre deux classes saura renaître
de ses cendres après chaque essai de destruction car le
syndicat est le vrai groupement des travailleurs....
D'autres associations, des partis prétendent au même
titre. Leur erreur est grande et elle est une cause de confusion
et de faiblesse pour la classe ouvrière. Seul le syndicat
groupe les travailleurs, comme travailleurs, sur le terrain de
l'intérêt corporatif, sans leur demander compte
de leurs croyances, de leurs préjugés, de leurs
sentiments. Les partis sont des groupements d'opinion. Ils ne
demandent pas à ceux qui désirent adhérer
ce qu'ils sont, ce qu'ils font, mais ce qu'ils pensent. Ils accueillent
des gens de toutes les classes et l'on voit, par contre des camarades
que l'intérêt corporatif réunit s'opposer
les uns aux autres dans des partis différents. Les deux
termes l'indiquent, du reste, de façon frappante : le
syndicat rassemble, le parti divise... Que les partis propagent
des idées, qu'ils offrent occasionnellement à la
classe ouvrière organisée dans ces syndicats, l'aide
de leurs recherches et de leur savoir... Mais qu'ils abandonnent
la prétention de se substituer à elle, de la diriger,
de la mettre en tutelle. La pensée syndicaliste garde
ici toute sa logique originelle mais doit s'adapter aux coups
de boutoir des militants du Parti Communiste.
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- L'antiparlementarisme
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- De sa pensée originelle
le syndicalisme havrais gardera aussi son antiparlementarisme
d'avant 1914. Il faut dire que les dirigeants de lunion
des syndicats gardent une admiration sans faille en Pelloutier
qui réussit à démontrer par la pratique
de la Fédération des Bourses du Travail que les
travailleurs pouvaient obtenir de grands avantages économiques
et moraux sans passer par la conquête des pouvoirs politiques
(Cf : Histoire des Bourses du Travail). Plusieurs articles émanant
de G. Yvetot, extraits du « Journal du Peuple »,
traiteront du sujet dans « Vérités ».
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- « ANTIPARLEMENTARISME
» Il y a quelque chose d'heureux pour le parlementarisme
: c'est qu'il est l'émanation de la duperie du peuple,
d'abord, et qu'il dure ensuite par le dégoût qu'il
inspire. Mais les générations se succèdent
sans profiter de l'expérience de celle qui disparaît
C'est ainsi que se perpétuent les régimes quand
les circonstances n'engendrent pas une transformation économique
ou politique susceptible de les bouleverser.
« Ce n'est pas la faute du parlementarisme, à certaines
époques, la classe des travailleurs a pu vaincre sa grande
fatigue et surmonter, dans un sursaut de conscience et de révolte,
son éternelle résignation à la vie atroce
de misère et d'abrutissement que lui faisait la société
bourgeoise.
« Ce n'est pas par le parlementarisme que les exploités
ont réussi à se grouper et à s'entendre
pour la lutte sociale de chaque jour.
- « Ce n'est pas grâce
au parlementarisme que furent acquises les quelques améliorations
toujours promises et jamais accordées, dont profite aujourd'hui
la classe ouvrière.
«Il a fallu des grèves longues, faites de courage
et de persévérance, pour obtenir ou pour maintenir
des augmentations de salaires et des diminutions du temps de
la journée de travail.
« Il a fallu des grèves brèves, faites d'énergie
et d'enthousiasme, pour arracher, de force, peut-on dire, des
revendications trop de fois posées et trop longtemps attendues.
« C'est par ce que nous rappelions, avec justesse et précision,
l'action directe qu'ont été imposées au
patronat ces améliorations essentielles: la journée
de huit heures, le repos hebdomadaire, la suppression des bureaux
de placement et d'autres encore, dont la législation n'a
fait que ratifier et enregistrer l'acquisition, obtenue de haute
lutte par les intéressés, syndicalement groupés
et entraînés.
« Le parlementarisme, disons-nous au temps de notre syndicalisme
révolutionnaire, ne compte pas pour le travailleur conscient
de sa force et sûr de son droit, car il sait qu'il n'obtiendra
rien que de lui-même, de son action persévérante
ou de son action violente.
« Oui, de l'une ou de l'autre de ces actions, et aussi
des deux, selon les besoins et selon les circonstances, a dépendu
la victoire dans la longue conquête sociale du bien-être
et de la liberté, encore trop partiellement acquis.
« Où est la loi qui ait avantagé l'ouvrier
de la ville ou des champs avant qu'il n'ait lui-même fait
passer dans les usages ou dans les moeurs ce que le parlementarisme
est incapable de revendiquer et d'appliquer pour soulager le
sort du travailleur ?
« Il y a longtemps que les prolétaires se sont aperçus
que les lois ne suffisent pas à donner du pain.
« Nulle loi ne proclame que nul individu ne doit être,
par misère, par malchance ou pour tout autre cause, condamné
à mourir sans logis, sans habit ou sans pain. Nulle loi
ne promulgue que tout être a droit à la vie.
« C'est pourquoi dans les rues des cités, dans les
masures, dans les taudis, gisent, sans autre secours que la charité
publique, des vieillards des deux sexes, des malades sans soins,
sans hygiène, en danger de mort, et parfois contagieux
au point de communiquer leur mal à tout un quartier.
« Nulle loi n'a prévu cela, qui dure depuis des
siècles.
« Ce sont des règlements de police qui y suppléent.
« Cela permet aux riches de faire de la philanthropie et
de se faire croire à eux-mêmes qu'ils sont utiles
à faire le bien s'ils sont utiles à tout autre
chose. Mais qu'ont-ils su faire pour empêcher que le mal
d'être pauvre existe?
« Enfin, le parlementarisme fait des lois. Les lois sont
toutes projetées, discutées, votées (ou
non), promulguées, appliquées en vue de restreindre
des droits, de contraindre des individus, d'attenter à
des libertés. Il y en a quelques unes, faciles à
compter, qui sont à l'avantage de tous: ce sont celles
dont on n'a pas besoin dans une société sainement
organisée. Toutes les autres oppriment ou compriment ceux
qui les subissent.
« En ce qui concerne les travailleurs, quand une loi les
avantage c'est qu'ils ont déjà mis à profit
ce qu'elle apporte.
« Si elle ne les avantage pas, elle leur est inutile ou
leur nuit.
« Ce n'est pas par une loi qu'on impose l'amélioration
sociale, car les individus l'ignorent presque toujours ou ne
l'appliquent pas, sans savoir pourquoi.
« Il n'y a donc d'améliorations réelles que
celles qui sont acquises, imposées, mises à profit
par les intéressés.
« On s'explique alors que le syndicalisme d'avant-guerre
prétendait se suffire à lui-même... et pour
cause ».
Georges Yvetot, extraits du « Journal du Peuple »
(« Vérités » de février 1929)
- Sous le pseudonyme de «
farfouilleur », un syndicaliste libertaire havrais se moquera
ainsi des politiciens: « La politique est pour l'ouvrier
ce que la béquille est pour le paralytique. C'est un moyen
d'avancer, mais ce n'est pas le remède ni la disparition
des iniquités. De même que les béquilles
s'usent, les hommes politiques sur, lesquels le peuple n'a aucun
recours, varient souvent et dans toutes ces expériences
les marchands de girouettes font seuls fortune ». Partant
du principe que tous les politiciens sont des endormeurs, les
syndicalistes de l'U.S.H. constateront que quand le prolétariat
est las de payer de la main droite, on le fait payer de la main
gauche et que cette division lui suffit, jusqu'au jour où
l'on jugera qu'il est temps de recommencer à le faire
payer de la main droite... De tendances proudhoniennes, les dirigeants
havrais rappelleront leurs divergences d'avec les communistes
:
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- - dictature ou fédéralisme
?
- autorité ou liberté ?
- socialisme ou syndicalisme ?
-
- Trois antinomies qui ne pardonnent
pas sur le terrain de la lutte sociale. Une opposition complète
avec le « critérium anarchique du syndicalisme »
en quelque sorte. N'oublions pas que la CGT du début du
siècle à laquelle se réfèrent les
dirigeants de l'U.S.H. fût orientée sur des bases
dites syndicalistes révolutionnaires par de nombreux militants
anarchistes et allemanistes et que le syndicalisme ne put prendre
son envol qu'après la constitution de la Fédération
des Bourses du Travail le 7 février 1892 à St-Etienne
et notamment de 1895 à 1901 (1) via Pelloutier. Ce dernier
ainsi que Pouget, Yvetot, fut bel et bien anarchiste, promoteur
d'un syndicalisme fédéraliste, antiautoritaire,
et d'action directe. De 1922 à 1932, les dirigeants de
l'U.S.H. affirmeront haut et fort leur vision syndicaliste libertaire
en citant à plusieurs reprises Proudhon, Bakounine, Sébastien
Faure et dénonceront les politiciens de tous poils
-
- Au 1er février 1922,
faisant revenir sur terre Pelloutier dans une fiction syndicale
pour assister à l'évolution des syndicalistes français,
un éditorialiste de « Vérités »
écrira sous une forme « fantômale »
en s'adressant aux divers syndicalistes fiés aux politiciens
et aux réformistes: « Dites vous jamais à
cette masse, vous, les hauts fonctionnaires syndicalistes, qu'elle
était faite pour être conduite comme un troupeau
? Car de plus en plus vous vous affirmez centralisateurs. C'est
le Bureau Fédéral qui prétend diriger, au
lieu de se contenter d'être l'organisme administratif servant
à mettre en relation les Unions départementales,
les Fédérations entre elles. Traîtres aux
principes fédéralistes du syndicat, traîtres
à la liberté, c'est dans l'autorité que
vous placez tous vos moyens d'action, tous vos espoirs. Honte
à vous !.. ». Restaient les syndicalistes révolutionnaires...
Il se montra d'autant plus sévère envers eux qu'il
les a le plus aimés: « Il vous sied bien de jeter
feu et flamme contre les réformistes ! Et il serait édifiant
pour ma mémoire (mais je n'en ai cure), « avoir
été par vous reconnu et consacré comme précurseur
!
« Charmants disciples, qui ne craignent pas de commettre
des alliances avec un parti politique, sous prétexte d'affinité,
comme si les partis politiques, quelle que soit leur nuance,
n'avaient pas toujours eu en réserve un miroir à
faire briller aux yeux des alouettes syndicalistes !
« Votre mémoire est-elle si courte que vous ayez
oublié ma lettre aux anarchistes, dans laquelle je me
déclare l'irréconciliable ennemi des lois et des
dictatures, y compris celle du prolétariat... Comme les
prêtres, les nobles, les bourgeois, vous voulez donc fonder
une caste et former une élite ?
« Dictature provisoire, dites-vous ! Entre vous, devenus
complices des communistes et des social-démocrates qui
« Pour frapper à mort » comme ils le proclament
emphatiquement le capitalisme ne voient que ce moyen : conquérir
l' Etat et instaurer la dictature, toute la différence
porterait donc sur cet adjectif à tournure de plaisantin
: provisoire ! Tes libertés « provisoirement »
abandonnées, va-t-en voir Jean, comment elles reviennent
! Que penser enfin, de vos amis marxistes, de ces gentils montreurs
d'ours, pour qui les Bourses du Travail; les UD, les fédérations,
tout ce mécanisme à peine perfectible; d'où
sortira l'équilibre économique fondement de tout
équilibre politique, ne sont sans le communisme, qu'une
métaphysique de l'action ? .... »
-
- Syndicalisme « pur
»
-
De
1933 à 1935 même si des auteurs et propagandistes
libertaires sont encore cités dans « Vérités
», la ligne syndicale tenue sera celle d'un syndicalisme
révolutionnaire se démarquant des anarchistes.
Des articles de R. Louzon (1933), de Pierre Besnard 1934 (vers
la disparition du travail humain), de Jacques Duboin (1935) donneront
une ossature syndicale théorique plus moderne pour l'U.S.H.
Dans « Vérités » de mars 1933 et son
édito intitulé « Syndicalisme », il
est précisé : « Pour certains, nous sommes
des communistes ou des étatistes, comme les guesdistes;
d'autres nous traitent d'anarchistes. Nous ne sommes rien de
cela ... (2)»
Mais sont réaffirmés les invariants d'un syndicalisme
de classe, antiétatiste (3) et anti-politiciens c'est-à-dire
ce qui fait parti du patrimoine idéologique des anarchistes.
Les syndicalistes ne doivent aussi compter que sur leurs propres
forces: « Les travailleurs sont liés les uns aux
autres d'une façon constante par la communauté
de leurs intérêts; ils n'ont pas la naïveté
de confier à d'autres le soin de réaliser leurs
desseins; on n'est bien servi que par soi-même. C'est au
sein de leurs syndicats qu'ils élaborent leurs revendications,
qu'ils déterminent les voies et moyens de réalisation
... ».
-
- Au syndicat tout le pouvoir
!
-
- Tout en reprenant des articles
de la « Révolution Prolétarienne »,
« Vérités » s'associera à certains
de ses manifestes, ce qui lui permettra de se démarquer
des « unitaires » et des « confédérés
» locaux. « Pour nous, après l'expérience
de la Révolution Russe, la classe ouvrière doit
se garder de remettre ses destinées dans les mains d'un
parti. Ce parti peut trop facilement échapper au contrôle
de la classe ouvrière. Inévitablement, après
s'être emparé des postes importants, il tendra à
les conserver pour lui, pour ses hommes à lui et, ainsi,
s'instituera peu à peu, une dictature bureaucratique.
Le capitalisme sera supprimé mais la classe ouvrière
subira une nouvelle exploitation, une nouvelle oppression, aussi
dures, aussi insupportables que celle dont elle venait de se
libérer.
Si la classe ouvrière française veut prendre le
pouvoir, elle doit le remettre à ses syndicats, qui sont
les organisations les plus qualifiées pour organiser une
société communiste, les plus propres, grâce
à la démocratie qui est à la base de leur
fonctionnement et à leur fédéralisme, d'assurer
la souveraineté des travailleurs et d'empêcher la
création et le développement de nouvelles classes
oppressives... » Vérités
(mars 1934).
- L'important était de
rallier l'ensemble des travailleurs et de les orienter vers la
réalisation d'un socialisme qu'ils édifieraient
eux-mêmes. Tout ceci ne pourrait avoir lieu qu'en ramenant
la confiance et l'espoir chez les travailleurs afin d'établir
un monde nouveau de production. La réunification syndicale
de 1935-1936 et les grandes grèves sous le Front Populaire
allaient redonner du baume au coeur aux syndicalistes havrais.
Cette situation n'allait pas tarder à s'avérer
n'être qu'un feu de paille et le conflit de 1939-1945 ne
tarderait pas à le confirmer...
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- * Ce
texte est issu du tome 2 de l'histoire méconnue et oubliée
du syndicalisme havrais (1907-1939)
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- (1) 1893: 24 Bourses du Travail,
1896: 46 Bourses du Travail, 1901: 74 Bourses du Travail dont
65 fédérées.
- (2) Il est curieux de noter
que c'est au moment où des militants anarchistes prennent
le secrétariat du syndicat des dockers (Augustin Thomas,
René Hazard ... ) que "Vérités"
choisit de se démarquer non dans les faits mais par écrit
des anarchistes.
- (3) « Comment serions
nous étatistes, alors que celui-ci nous brime sans arrêt,
pour ne pas dire plus... C'est l'Etat qui est le plus grand adversaire
de la classe ouvrière car c'est lui qui maintient cette
classe dans une situation inférieure à celle qu'elle
devrait avoir; il peut employer au besoin la force armée
qui est à son service ... » ."Vérités"
mars 1933.
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