-
-
- A. RUES
ET LIEUX PUBLIQUES
-
- 1. Contrôle
d'identité
- La possession
d'une carte nationale d'identité n'est pas une obligation
légale. Aussi ne pas avoir ses papiers sur soi n'est pas
une infraction, mais on risque alors une vérification
d'identité.
-
- La police peut demander à
toute personne circulant dans un lieu public (rue, métro,
gare, café...), de justifier son identité, et ce,
sans aucune raison particulière. Un policier peut vous
contrôler lorsqu'il le souhaite pour prévenir "
toute atteinte
à la liberté des personnes
et des biens ". Vous devez donc vous soumettre. Cependant,
le contrôle d'identité n'est pas un interrogatoire
et la seule obligation qui vous est faite est d'établir
votre identité. Vous n'êtes pas obligé de
répondre à d'autres questions. Les étrangers
doivent de plus justifier de la régularité de leur
séjour sur le territoire français (visa), et donc
toujours avoir leurs papiers sur eux. Dans le cas ou vous êtes
conducteur d'un véhicule, la possession sur soi de la
carte grise à l'adresse actuelle du propriétaire,
ainsi que de l'attestation d'assurance, est obligatoire sous
peine d'amende.
-
- 2. Les
fouilles
- En principe, lors d'un contrôle
d'identité, les fouilles sont interdites aussi bien sur
soi que dans ses bagages ou son véhicule. Seule la palpation
de sécurité qui consiste à "appliquer
les mains par le dessus des vêtements pour s'assurer que
la personne n'est pas armée" est autorisée
lors de la vérification d'identité. Toute autre
forme de fouille correspond à une perquisition, et ne
saurait avoir lieu sans un ordre du procureur de la république
ou d'une commission rogatoire signée d'un juge. Néanmoins,
deux faits importants permettent à la police de dépasser
ce droit :
- - Suite aux lois " Pasqua
", il peut y avoir des fouilles dans le cadre d'une manifestation
(or il y a tous les jours des manifestations...). La police peut
en abuser pour opérer des fouilles systématiques.
- - Ne parlons pas du plan "
Vigipirate " dans le cadre duquel tout devient possible...
- - Les douaniers - qui ne sont
pas qu'aux frontières - peuvent déjà opérer
une fouille.
- - Les contrôleurs SNCF
et RATP ne peuvent vous demander vos papiers que suite à
une infraction. La même procédure s'engage alors
comme pour les municipaux. Toutes ces forces n'ont absolument
aucun pouvoir. Ils peuvent au mieux vous demander votre identité
(et vous n'êtes pas obligé de la leur donner) ou
vous retenir le temps d'appeler de " vrais " policiers,
exception faite dans le cadre d'un flagrant délit. La
fouille au corps doit être effectuée dans un commissariat
ou à la gendarmerie par un officier de la police judiciaire.
Comme tous les policiers ne sont pas officiers de police judiciaire,
vous pouvez lui demander sa carte de police pour vous en assurer.
L'officier de police judiciaire doit être du même
sexe que la personne fouillée. Si vous êtes victime
d'une fouille illégale pensez à retenir le n°
de matricule du policier (celui-ci se trouve sur la casquette
ou au revers de l'uniforme).
-
- 3. Police
municipale et vigiles
- En droit ils n'ont aucun pouvoir.
Ceci est aussi valable pour les appelés du contingent
(bande verte sur la casquette). Ils n'ont pour seul droit que
la vérification de votre identité - que vous n'êtes
pas obligé de leur donner - et celui de vous retenir le
temps d'appeler la police (éventuellement). La loi donne
la possibilité a toute personne d'appréhender l'auteur
d'un crime ou d'un délit flagrant, et de le conduire devant
l'officier de police judiciaire le plus proche.
-
- 4. La
vérification d'identité
- Elle complète le contrôle
d'identité. La police retient les personnes qui ont refusé
ou sont dans l'impossibilité de justifier de leur identité.
C'est aussi un moyen de pression utilisé par la police.
Cependant ces vérifications sont soumises ont certaines
règles :
- - Le vérifié doit
être présenté à un officier de police
judiciaire (tous les policiers n'étant pas officiers de
police judiciaire vous pouvez lui demander sa carte de police
pour vous en assurer), qui doit le mettre en mesure de fournir
par tous les moyens les éléments qui permettent
d'établir son identité.
- - La vérification d'identité
peut se faire sur le lieu de contrôle ou dans le local
de police dans lequel on est conduit.
- - La vérification d'identité
ne peut durer que 4 heures maximum. Cette durée commence
au début du contrôle, dès qu'on est retenu
par la police.
- - La personne en vérification
d'identité ne peut pas être gardée en cellule.
Elle ne peut pas être emmenée pour être fouillée
ou pour défaire ses lacets. Seule la palpation de sécurité
qui consiste à " appliquer les mains par-dessus les
vêtements " est permise.
- - La vérification d'identité
n'est pas un interrogatoire. Vous n'êtes pas obligé
de répondre à des questions qui n'auraient pas
comme simple et unique but de prouver votre identité.
- - Le vérifié peut
faire prévenir le procureur de sa rétention.
- - Le vérifié peut
prévenir à tout moment sa famille ou toute personne
de son choix. L'officier de police judiciaire peut aussi le faire
à votre place.
- - La prise d'empreintes et de
photos n'est possible seulement que si c'est l'unique moyen d'établir
l'identité de la personne. De plus, cela ne peut se faire
qu'après une autorisation du procureur ou du juge d'instruction.
- - La vérification d'identité
fait l'objet d'un P. V. sur lequel sont mentionnés :
- 1. Le jour et l'heure du contrôle.
2. La durée de la rétention et le motif
de la vérification d'identité.
3. Les conditions dans lesquelles le vérifié
a été avisé de ses droits et a pu les exercer.
4. Les mesures prises.
- Vous n'êtes pas oblige
de signer le P. V, surtout si certaines règles n'ont pas
été respectées. Si on ne vous présente
pas de P.V, réclamez-le. Refusez de signer si une obligation
légale ne vous semble pas respectée et contactez
un avocat dès votre sortie. Une copie vous est adressée
dans le cas de votre refus.
-
-
- B. LES
PERQUISITIONS
-
- La perquisition
- fouille d'un lieu privé (domicile ou voiture) - ne peut
être effectuée que dans le cadre d'une enquête
préliminaire, d'un flagrant délit, ou d'une commission
rogatoire.
-
- 1. Enquête
préliminaire
- Parce qu'ils ont des éléments
sur l'infraction qui va se commettre ou qui a été
commise, les officiers de police judiciaire procèdent
à une enquête. Dans le cadre d'une enquête
préliminaire, la perquisition ne peut avoir lieu qu'avec
votre accord écrit express qui doit être acté
dans le P. V.
-
- 2. Flagrant
délit
- II se définit comme une
infraction qui vient de se commettre. II y a donc recherche et/ou
arrestation immédiate du ou des auteurs de l'infraction.
-
- 3. Commission
rogatoire
- C'est l'autorisation donnée
par le juge d'instruction saisi d'une affaire d'effectuer des
actes (perquisitions, interrogatoires...)
-
- Règles
que la police doit toujours respecter pendant une perquisition :
-
- - La présence d'un officier
de la police judiciaire est obligatoire. La plupart des policiers
en uniforme ne le sont pas. S'assurer lors d'une perquisition
de la présence d'un officier de police judiciaire en lui
demandant sa carte. De simples agents poursuivant en flagrant
délit une personne qui s'est réfugiée dans
un lieu privé, doivent attendre la venue d'un officier
de la police judiciaire pour perquisitionner.
- - Les horaires : après
6 h du matin et avant 21 h (dans le cadre d'une enquête
ou d'un flagrant délit se rapportant à la législation
sur les stupéfiants, ces limites ne sont pas applicables).
- La perquisition ne peut être
effectuée qu'en présence de l'intéressé,
d'un tiers le représentant, ou de deux personnes réquisitionnées
par la police. Le témoin doit assister à l'ouverture
et à la fermeture du lieu, et être présent
dans chaque pièce au moment ou elle est visitée.
- - Au cours de la perquisition,
ne peuvent être saisis que des objets ayant lien avec l'affaire.
Cependant, en cas de découverte d'objet délictueux
(armes, stupéfiants...), la perquisition peut déboucher
sur l'ouverture d'une procédure incidente de flagrant
délit.
- - En fin de perquisition, un
procès-verbal rédigé par l'officier de police
judiciaire doit obligatoirement être établi sur
place. Insistez sur le fait qu'il doit être rédigé
sur place et non au commissariat. Tous les objets saisis doivent
être inscrits sur le P. V. ainsi que le lieu exact où
ils ont été trouvés. La personne perquisitionnée
est invitée à signer le P.V, mais n'est pas obligée
de le faire. Relisez attentivement le P. V. avant de le signer,
et veillez à ce qu'il n'y ait aucun blanc ni rature. Les
objets saisis doivent être scellés sur place avec
un cachet de cire. L'intéressé est aussi invité
à signer les étiquettes placées sur les
objets portant la date de la saisie. Refusez de signer si vous ne reconnaissez
pas un objet.
- - On ne peut s'opposer physiquement
a une perquisition illégale. Apres une perquisition illégale,
il faut porter plainte pour violation de domicile et/ou voie
de fait. Même si cette perquisition permet de découvrir
des éléments prouvant que l'intéressé
a commis un délit, la procédure peut être
purement et simplement annulée ; ce sera à la défense
de l'accusé de prouver l'illégalité de la
procédure.
- - Souvent les policiers opèrent
des perquisitions au bluff, en jouant sur l'ignorance des gens
et sur l'intimidation. A la fin d'une perquisition au bluff.
Ils font mention dans le P.V d'une autorisation que leur aurait
donné la personne. Refusez de signer le P. V, car vous
venez de subir une perquisition illégale. En cas de tapage
nocturne, les agents de police n'ont aucun droit pour pénétrer
dans votre domicile.
- - Les tentatives d'intimidation
sur le recel d'objets volés dont vous ne possédez
pas les factures ne doivent pas vous impressionner. Ce n'est
pas a vous de prouver que ces objets ne sont pas volés,
mais à la police de faire la preuve de leur provenance.
-
-
- C. LA
GARDE A VUE (GAV)
-
- C'est une
privation de liberté. L'intéressé, bien
qu'il ne soit pas encore mis en examen, est détenu dans
les locaux de la police pour les besoins d'une enquête.
-
- On peut être
placé en GAV :
- - En cas de flagrant délit.
- Dans le cadre d'une enquête judiciaire.
- Par le juge d'instruction ou dans le cadre d'un tribunal pour
un supplément d'enquête.
- On ne peut être gardé
à vue pour une contravention ou un délit puni d'une
simple amende. La décision de mise en GAV est prise par
un officier de police judiciaire sous le contrôle du procureur
ou du juge d'instruction. Le procureur doit être obligatoirement
prévenu.
-
- 1. Durée
de la garde a vue
- La garde a vue commence dès
la privation de liberté, l'arrestation, ou la perquisition.
Dans le pire des cas elle ne peut excéder 4 jours. Le
plus souvent elle ne dépasse pas 48 heures, soit le renouvellement
des premières 24 heures - s'il existe des indices faisant
présumer que la personne a commis ou tenté de commettre
une infraction. Cette prolongation doit être autorisée
par écrit par le procureur ou le juge d'instruction.
-
- 2. Modalités
de la garde a vue
- La notification de vos droits
doit être faite des le début de la garde a vue,
et ce dans une langue que vous comprenez. L'officier de police
judiciaire doit indiquer à la personne ses droits :
- a) Le droit
de faire prévenir sa famille ou un proche.
b) Le droit a être examiner par un médecin.
c) Le droit a un entretien avec un avocat.
-
- a) Droit
de faire prévenir sa famille ou un proche
- On peut faire prévenir
par téléphone la personne avec laquelle on vit,
un parent, ou son employeur. L'officier de police judiciaire
peut estimer que pour les besoins de l'enquête, il vaut
mieux ne prévenir personne. C'est le procureur qui doit
prendre la décision.
-
- b) Droit
à être examiné par un médecin
- On peut le demander soi-même
une fois par 24 heures. On ne peut pas vous le refuser.
c) Droit
à un entretien avec un avocat
- La loi prévoit que l'avocat
a le droit d'intervenir dès la 20ème heure de la
garde à vue. Dans le cadre de proxénétisme
ou d'association de malfaiteurs, le délai est repoussé
à 36 heures ; et dans le cadre de stupéfiants et
de terrorisme il est repoussé à 72 heures. Le gardé
à vue peut faire appel à un avocat de son choix
ou à un avocat commis d'office. La nuit et le week-end,
c'est l'avocat commis d'office qui intervient. La police doit
tout mettre en uvre pour contacter l'avocat choisi ou la
permanence des commis d'office, et en justifier dans les P.V.
Si l'avocat n'a pu être contacté par manque de diligence
de l'officier de police judiciaire, toute la procédure
de GAV peut être annulée. L'avocat peut s'entretenir
avec la personne durant une demi-heure. N'hésitez pas
à l'informer sur tout ce qui vous a semblé étrange
au cours de la GAV, car l'avocat peut rédiger une note
écrite qui sera jointe à la procédure. Le
P.V de la garde à vue doit mentionner les pauses et les
repas accordés entre chaque interrogatoire. Il est à
noter que l'on doit être nourri, et ce, même si on
n'a pas d'argent. Les dépenses seront alors inclues dans
les frais de justice. Vos objets personnels (lacets, montres,
cravates
) sont confisqués le temps de la garde.
Normalement vous n'êtes pas obligé de répondre
lors de 1'interrogatoire. Cependant, si vous êtes en garde
a vue sous commission rogatoire, vous risquez 1200 a 3000 francs
d'amende. Des photos et empreintes peuvent être prises.
Tout est noté dans le procès-verbal d'audition.
Vérifiez
qu'aucun blanc n'est laissé et qu'il n'y a pas de rature. Comme pour tout P.V, vous pouvez refuser de le signer. N'hésitez surtout pas !
-
- 3. Les
mineurs
- Les mineurs sont soumis à
traitement spécial :
- 1. De 10 a 13 ans, la garde à vue n'est possible
que si le prévenu est soupçonné d'un délit
excédant 7 ans de prison. L'avocat peut alors intervenir
dès la première heure. Un examen médical
a lieu dès le début de la garde et les parents
doivent être avertis. La garde à vue ne peut excéder
10 heures, et elle ne pourra être renouvelée qu'une
fois, toujours sur demande du magistrat.
- 2. De 13 a 16 ans il en va de même, sauf que
la durée de la garde a vue est de 24 heures et que le
magistrat doit voir le prévenu pour la renouveler.
- 3. De 16 a 18 ans rien ne change, excepté que
la prévention des parents peut être différée
de 12 ou 24 heures sur décision du magistrat.
-
- 4. Fin
de la garde a vue
- A la fin de la garde a vue
vous pouvez :
- - Soit être relâché
sans rien
- - Soit être convoqué
ultérieurement pour votre procès (la convocation
ne pouvant être inférieure a 2 semaines).
- - Soit passer en procès
le jour même ou le lendemain en " comparution immédiate
", uniquement dans le cadre d'un flagrant délit ou
bien si vous l'acceptez vous-même (dans ce cas la peine
ne peut excéder 5 ans de prisons). Si vous refusez, vous
pouvez être gardé en prison sous mandat de dépôt
(il vous reste un recours pour demander à être libéré
sous 24h).
-
- Il vaut mieux
tout faire pour éviter la comparution immédiate,
quitte à rester un peu en dépôt. En cas de
détention provisoire le juge doit signer une prolongation
tous les 4 mois.
-
- Votre convocation à une
audience doit arriver 10 jours avant l'audience, par voie d'huissier,
dans le cas contraire vous pouvez demander un report.
- Si vous êtes jugé
par défaut - généralement on prend un "maximum"
-, c'est à dire que vous n'avez pas été
prévenu de la date du procès, vous avez 10 jours
pour faire opposition. A ce moment là, un nouveau procès
aura lieu.
- Si vous avez subit des préjudices
par les forces de l'ordre, vous pouvez porter plainte. Le plus
simple est d'écrire au Procureur de la République.
Cette lettre doit raconter les faits avec le plus de précision
possible (noms, lieux, dates, témoins...). Elle doit indiquer
vos noms, prénoms, date et lieu de naissance, profession
et adresse. S'il y a eu des témoins vous pouvez y joindre
leurs déclarations écrites, un certificat médical,
des photos, et un constat d'huissier. Datez, signez et envoyez-la
en recommandé avec accusé de réception.
Vous pouvez " l'appuyer " en envoyant un double au
juge d'instruction pour plainte avec constitution partie civile
(dommage et intérêt). Cela n'est pas gratuit, mais
pouvez demander une aide judiciaire.
-
-
- LE CASIER
JUDICIAIRE
-
- Votre
casier judiciaire se découpe en 3 volets :
- 1. Le BI qui comporte toutes
vos condamnations (seuls les tribunaux peuvent y avoir accès).
2. Le B2 qui comporte les condamnations les moins graves.
3. Le B3 qui comporte les condamnations les plus graves.
- Le B2 est accessible à
l'administration, tandis que votre employeur (privé) n'a
accès qu'au B3 ( s'il vous le demande ). Lors d'un jugement
vous pouvez demander à ce que votre condamnation ne soit
pas inscrite sur votre B2 ou B3, mais c'est le tribunal qui décide.
Vous pouvez faire cette demande plus tard en écrivant
au procureur de la république du tribunal qui vous a condamné.
- En cas d'amnistie, les affaires
amnistiées disparaissent du B2 et B3.
-