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- GUIDE
JURIDIQUE DE L'OCCUPANT SANS TITRE
- Les informations
qui suivent ont été empruntées au site de
la CNT
Vignoles
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- Repérage
des lieux
- Le squat dépend de la
juridiction civile, c'est à dire d'un conflit entre deux
parties où il n'y a pas risque de prison, contrairement
à la juridiction pénale qui elle peut vous reloger
directement derrière les barreaux. Toute preuve démontrant
votre responsabilité dans une fracturation ( porte, fenêtre,
etc
) vous enverrait directement au pénal. C'est
pour cela que beaucoup de squatteurs n'entrent dans des lieux
qu'après l'ouverture de la porte par un "méchant"
cambrioleur
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- CONSEILS
:
- 1. Choisir de préférence un logement
abandonné depuis plus de 6 mois.
- 2. Ne pas hésiter à faire une petite
enquête de voisinage et à faire un tour au cadastre
(demander à la mairie) pour en connaître un peu
plus sur le proprio. Préfèrer les cas de problèmes
de succession ou les opérations d'urbanisme en panne.
- 3. Vous pouvez proposez de payer un loyer au proprio
une fois installé (ce sera un gage de votre bonne foi
dans l'optique d'un éventuel procès).
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- A EVITER
:
- Les logements meublés
à cause du risque de poursuite pour violation de domicile
et vol (délits relevant du pénal)
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- Sésame
ouvre-toi
- Si vous avez eu la chance de
ne pas avoir la visite du proprio dans les 48 heures, et qu'il
n'y a pas de trace d'effraction, ce dernier est dans l'obligation
d'obtenir un jugement d'expulsion pour vous virer. Il vous faudra
donc prouver que le lieu que vous habitez est votre domicile
(n'oubliez jamais la définition du domicile) depuis plus
de 2 jours.
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- CONSEILS
- 1. Réparer tout dommage matériel causé
aux portes, fenêtres, etc... pour empêcher une procédure
de flagrant délit.
- 2. Une enveloppe timbrée (donc datée)
à votre nom et à votre nouvelle adresse servira
de preuve - le cachet de la poste faisant foi - de domiciliation.
N'hésitez donc pas à vous envoyer du courrier et
surtout à le réceptionner. Un vilain concierge
ou voisin détournant votre courrier est passible du pénal,
ne vous gênez pas pour porter plainte : la loi est avec
vous
- 3. Pour fêter votre entrée, pendez
donc la crémaillère bruyamment. Une plainte pour
tapage nocturne est une preuve irréfutable de votre présence
dans les lieux (attention c'est risqué et pas très
bon pour vos futures relations de voisinage
).
- 4. Le témoignage des voisins peut également
faire office de preuve de domiciliation.
- 5. Commandez une pizza en gardant le bon de livraison.
- 6. Posez immédiatement un verrou qui vous
permettra de porter plainte contre tout malfaisant violant votre
nouveau domicile.
- 7. Une facture EDF ou Télécom est
également une preuve de domiciliation (voir plus loin).
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- Eau et
gaz à tous les étages
- Au terme des cahiers des charges
de distribution publique d'énergie électrique,
le concessionnaire " EDF " est tenu de fournir l'électricité
à toute personne qui demande à contracter un abonnement
à la justification de l'occupation légale des lieux
par le propriétaire.
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- CONSEILS
- 1. Commencez par les télécoms pour
vous faire installer le téléphone, ce sont généralement
les plus accommodants. Faite la démarche par téléphone
en disant que vous ne pouvez vous déplacer à cause
de votre travail, ce qui vous évitera de présenter
vos papiers. Vous voilà bientôt possesseur d'une
quittance de téléphone, qui sera du meilleur effet
pour vos futurs rapports avec les administrations (y-compris
EDF-GDF).
- 2. Pour EDF, il est bon de connaître le nom
de l'ancien abonné. On peut procéder à la
demande par téléphone, en cas de refus, présentez
votre facture télécom. Si vous n'en possédez
pas il est bon de rappeler que le rôle de EDF-GDF n'est
pas de se substituer à la justice et donc de décider
de la légalité de votre installation dans les lieux.
Vous pouvez tenter de présenter un certificat médical
attestant de la nécessité pour vous de posséder
l'électricité, de même que vous pouvez jouer
sur la présence d'un enfant en bas-âge. Nous n'insisterons
jamais assez pour dire que l'électricité est devenue
vitale de nos jours et qu'un refus d'EDF légitime moralement
un branchement sauvage. N'hésitez pas à taper l'occupation
des locaux d'EDF - qui eux sont bien chauffés - jusqu'à
satisfaction. EDF TIENT BEAUCOUP A SON IMAGE DE MARQUE.
- 3. Pour l'eau, utilisez les mêmes procédures.
L'eau étant reconnue comme vitale, en cas de refus, demandez
à la mairie l'installation d'un point d'eau à disposition.
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- Droits
et devoirs du propriétaire
- Dans tous les cas de conflits,
résistez aux pressions diverses, en sachant que l'on ne
peut vous virer sans jugement d'expulsion. Essayez la diplomatie,
la ruse, voire la menace, mais n'oubliez jamais que la porte
était ouverte lors de votre arrivée. De plus, personne
n'a le droit d'entrer chez vous sans l'autorisation d'un juge.
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- CONSEILS
- 1. Pour pouvoir vous attaquer en justice, le proprio
doit d'abord connaître votre nom. Evitez donc de l'afficher
inconsidéremment. Il lui faudra passer par un huissier
pour découvrir votre patronyme. Si ce dernier se présente
à votre domicile sans l'autorisation du juge de grande
instance(2) vous êtes en droit de le virer manu-militari.
- 2. Une fois que le proprio est en possession de
votre nom, il peut vous attaquer devant un tribunal. Il vous
sera alors remis une assignation en justice (en main propre ou
à aller chercher à la mairie), que vous devrez
lire avec beaucoup d'attention pour vérifier la validité
de l'adresse et de la location du logement qui y est portée
(une erreur à ce niveau devrait faire repartir la procédure
à zéro ou pour le moins vous faire gagner du temps)
- 3. Une fois assigné en justice, si vous gagnez
moins de 6735F/mois (oct. 93) vous aurez le droit à une
aide juridictionnelle (procédure assez longue
),
qui devrait vous permettre d'obtenir un report de votre procès.
Pour cela déplacez-vous au bureau d'aide juridictionnelle
de votre département pour en faire la demande, et on vous
remettra un recipissé que vous devrez présenter
lors de l'audience (ce qui dans la pratique devrait valoir un
avocat ainsi qu'un report d'une quinzaine de jours).
- 4. Surtout présentez-vous à l'audience.
Soyez " diplomate " dans la limite du possible et jouez
la bonne foi. Par exemple, si vous avez préalablement
fait une demande de logement à la mairie (renouvelable
périodiquement), faites-le valoir. Même si vous
avez proposé de l'argent au propriétaire. Vous
pouvez également lors du procès proposer un accord
à l'amiable au proprio. Si vous arrivez à prouver
que vous aviez un accord avec le proprio - donc que vous ne squattez
pas - le juge devra se déclarer incompétent et
renvoyer l'affaire devant le tribunal d'instance, ce qui sera
long.
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- Gagner
du temps
- Généralement le
proprio engagera une procédure en référé
(urgence) contre vous. Il peut aussi engager une procédure
non contradictoire (sans vous avertir) mais outre le fait qu'elle
est plus longue, il aura du mal a l'exécuter car un jugement
d'expulsion doit être nominatif pour être exécuté.
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- CONSEILS
- 1. Le jugement en référé (la
plus courante des procédures contre les squaters) sera
rendu le jour même ou dans les jours qui suivent l'audience,
et devra vous être signifiée par huissier. Deux
cas se présentent alors :
- - Si aucune date n'est spécifiée,
vous bénéficierez d'un délai de deux mois
à compter de la signification du jugement
- - Le jugement vous précise
que vous ne bénéficiez pas de ces 2 mois et donc
que vous êtes expulsable à compter de la signification
du jugement par l'huissier, ou à l'expiration du délai
fixé par le juge.
- 2. Au terme du délai initial, l'huissier
peut se présenter chez vous pour récupérer
les lieux. Sauf cas de résistance de votre part - auquel
cas le proprio devra faire une requête auprès du
commissaire et au préfet (de police à Paris) pour
pratiquer l'expulsion -, le proprio ne pourra faire appel aux
flics qu'une fois passée la période des deux mois
qui suivent le jugement. Le proprio devra également envoyer
le jugement au préfet pour qu'il étudie la possibilité
de vous reloger (loi besson ).
- NOTA BENE : L'huissier n'a absolument
pas le droit de vous expulser et il ne peut récupérer
les lieux que si vous les avez abandonnés (en clair :
s'il n'y a personne chez vous).
- 3. C'est au préfet de décider de l'expulsion
forcée, et pour cela il demande au commissaire du quartier
de faire une enquête sur les conséquences de celle-ci.
Un représentant de la force publique se présentera
à votre domicile, ou c'est le commissaire du quartier
qui vous convoquera pour rédiger un rapport au préfet
sur les suites plausibles de votre expulsion. Votre intérêt
est de tout faire pour que le préfet craigne que l'intervention
des flics ne provoque un " trouble à l'ordre public
" (manif, action
), car dans ce cas il gèlera
(souvent) sa décision. Le proprio ne pourra engager une
procédure contre l'Etat pour " non-exécution
d'une décision de justice ", que 4 mois après
sa requête au préfet. Lorsque vous sentez que l'expulsion
policière se prépare (vous pouvez téléphoner
au service des expulsions de la préfecture mais en général
les flics se feront un plaisir de vous en avertir), vous pouvez
alors demander des délais au juge de l'exécution
du tribunal de grande instance (en référé
s'il y a urgence). Cela retardera l'expulsion jusqu'à
la fin des nouveaux délais. Vous pouvez demander des délais
aussi souvent que vous en avez besoin. Le juge peut vous en donner
jusqu'à trois (deux ans au maximum). Les critères
du juge pour vous accorder ces délais seront :
- - la bonne volonté de
l'occupant
- sa situation
- son âge
- s'il a des enfants
- les circonstances climatiques
- les recherches effectuées pour trouver un logement.
- 4. II peut être judicieux de s'inscrire comme
demandeur de logement a la mairie, pour montrer sa bonne volonté.
Donnez également des photocopies des papiers justifiant
de vos difficultés pour vous reloger par vous-même
(petits revenus, allocations, RMI...). Le premier jugement d'expulsion
est " exécutoire ", et faire appel ou demander
des délais n'est pas " suspensif ". Néanmoins
il est exceptionnel que le préfet expulse tant qu'une
procédure juridique est en cours. Donc, dès que
vous engagez une procédure juridique avertissez immédiatement
le préfet et le commissaire du quartier.
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- NOTA BENE :
Théoriquement la trêve hivernale (du 1er novembre
au 15 mars) ne concerne plus les squatters, mais jusqu'à
présent il n'y a pas eu d'expulsion l'hiver. Le jugement
d'expulsion est généralement rendu contre quelqu'un
suivi de la mention : " et toute personne de son chef ",
si l'on peut justifier que l'on n'occupe pas le lieu grâce
à la personne expulsable on peut soulever une tierce opposition
(c.a.d. Le fait qu'un jugement contre autrui puisse porter atteinte
à vos intérêts).
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- Loi de
réquisition
- Les textes de
loi sur la réquisition n'ayant pas changé pour
le moment, ce qui suit est toujours valable*.
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- II existe une loi sur la réquisition.
A une époque cela ne les dérangeait pas de l'appliquer.
C'est leur politique qui nous jette dehors, alors le temps est
venu de s'organiser et de les mettre face à leur propre
loi. Ne nous gênons pas. Néanmoins, la réquisition
ne concerne qu'une période temporaire de 5 ans qui peut
être prolongée exceptionnellement de 2 ans. Notez
bien que vous devez, même en cas de réquisition,
payer un loyer (de type H.L.M.) au proprio. I1 existe deux ordonnance
de 1945. La demande de réquisition doit être adressée
au maire (sauf pour Paris et les départements de l'ancienne
Seine ou elle doit être adressée au préfet).
Pour pouvoir bénéficier de ce type de réquisition
il vous faudra trouver un local vacant depuis plus de 6 Mois,
et être inscrit comme demandeur de logement à la
mairie ou a la préfecture.
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- Les réquisitions
d'urgence
- En cas d'urgence reconnu par
le pouvoir, il peut y avoir réquisition à la demande
des personnes. II faut faire une sommation au maire, et si ce
dernier ne donne pas de réponse dans les 24 heures elle
devient de la compétence du préfet.
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- LETTRE
TYPE 1
- A envoyer au
maire sauf Paris *
Lettre recommandée avec A.R
- Objet : Demande
de réquisition (pouvoirs généraux de police)
- Madame, monsieur,
- Vous voudrez bien trouver ci-joint
la liste des personnes ayant reçu une lettre d'expulsion
sur votre commune, et qui n'ont d'autre solution que de se retrouver
à la rue. Nous vous demandons expressément, de
prononcer de toute urgence la réquisition d'appartements
ou locaux nécessaires au logement de ces personnes risquant
de se trouver sans abri. Il résulte en effet d'une jurisprudence
constante du conseil d'état, et notamment de sa décision
du 18/10/1989, que les dispositions des articles L.641 et suivant
du code de la construction et de 1'habitation, n'ont pas fait
disparaître les pouvoirs généraux de police
que vous détenez en qualité de maire de votre commune,
en application des articles L.131.1 et suivant du code des communes.
Les pouvoirs vous autorisent, et dans les cas d'urgence, vous
font l'obligation de réquisitionner des appartements ou
locaux, pour faire cesser le trouble grave de l'ordre public
que constitue ou constituerait la présence de personnes
à la rue. Vous voudrez bien trouver ci-joint une liste
d'appartements ou locaux vacants dont vous pourrez prononcer
la réquisition sans attendre. Nous vous prions de croire,
madame, monsieur, à l'assurance de notre considération
distinguée.
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- * Si vous habitez PARIS ou l'ancienne
Seine vous devez envoyer une demande de réquisition au
préfet. (c.f LETTRE TYPE 2)
-
- LETTRE
TYPE 2
- Lettre recommandée
avec A.R*
- Objet : Demande
de réquisition (pouvoirs généraux de police)
- Madame, Monsieur,
- Vous voudrez bien trouver ci-joint
la liste des personnes ayant reçu dans votre département
une lettre d'expulsion, et qui n'ont d'autre solution que de
se retrouver à la rue. Nous vous demandons expressément
de prononcer de toute urgence la réquisition d'appartements
ou locaux nécessaires au logement de ses personnes risquant
de se retrouver sans abri. Dans les cas d'urgence, vous devez
réquisitionner des appartements ou locaux pour faire cesser
le trouble grave de l'ordre public que constitue ou constituerait
la présence de personnes à la rue. Vous voudrez
bien trouver ci-joint une liste d'appartements ou locaux vacants
dont vous pourrez prononcer la réquisition sans attendre.
Nous vous prions de croire, madame, monsieur, à l'assurance
de notre considération distinguée.
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- * Si vous habitez Paris ou l'ancienne
Seine, vous devrez écrire directement au préfet
et non au maire.
- (1) Domicile : lieu clos et
couvert où l'on mange et où l'on dort.
(2) S'il possède une autorisation ; Il sera accompagné
par le commissaire de votre quartier et très souvent par
un serrurier.
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