Cette page fait un tour d'horizon des parutions ou publications assurées par le groupe Jules Durand. Nous parlerons aussi de certains livres passés sous silence par les médias. Le groupe Jules Durand assurait la parution du Libertaire, journal mensuel tenant lieu de revue de synthèse anarchiste, et il réalise ou édite de nombreuses brochures d'information, de réflexion ou d'analyse. Créé à l'origine par Joseph Dejacques en 1858 aux USA (en français), et repris par Sebastien Faure en 1895, le libertaire est un journal local mensuel à parution nationale. Il est conçu, réalisé, et publié par le groupe jules Durand et des individuels anarchistes. Le groupe Jules Durand assure un service de librairie et de bibliothèque à chacune de ces réunion, le 3è mardi de chaque mois à 18 heures, salle de Sociétés savantes, 56 rue Anatole France, au Havre. 
 

 
 
Histoire méconnue et oubliée du syndicalisme havrais (1907-1939)
Parce qu'il faut apprendre à ne pas recevoir de manière passive les informations, j'ai essayé de rechercher en puisant aux sources du syndicalisme havrais, notamment au travers de sa presse "Vérités", les racines de notre culture syndicale locale. Pour bien comprendre le présent j'avais besoin de me ressourcer, pour employer un terme très en vogue, dans le passé de nos "anciens". De recherches en découvertes, j'ai constaté en relisant divers mémoires d'étudiants ou les articles de la presse locale depuis une vingtaine d'années que "Table Rase" avait aussi un sens pour le syndicalisme havrais.
Afin de rendre hommage aux militants syndicalistes ayant dynamisé la CGT au début de ce siècle, afin de sortir de l'ombre le syndicalisme havrais autonome des années 1925-1936, il fallait renouer avec les événements et les hommes du passé, événements souvent tragiques, mais hommes toujours désintéressés et dévoués à la cause des salariés et des chômeurs en vue de leur émancipation totale. Sans complaisance, pour faire contrepoids à certains "historiens" plus soucieux de rester dans la ligne officielle de quelque officine partidaire, il fallait rétablir quelques "Vérités". Car si les préoccupations des dirigeants de la Bourse du Travail au Havre étaient d’inspiration anarchiste avant la première guerre mondiale, il est plus rare de constater que le syndicalisme majoritaire havrais était encore représenté par des militants anarchistes, entre les deux guerres et jusqu'en 1962, date de la mort de Louis Jochem, dernier militant de formation libertaire à avoir assumé la fonction de secrétaire général de l'Union Locale Havraise de la CGT.
Parce que quelques pans de l'histoire syndicale locale ont été occultés ou confisqués, il appartient aux syndicalistes havrais d'au-jourd'hui de se réapproprier leur histoire et de retrouver leurs racines. Quoiqu' en diront certains politiciens, le syndicalisme havrais s'est construit et fortifié dans la lutte de classe. D’abord face à un patronat local qui essayait par tous les moyens de l'annihiler, puis contre le Guesdisme et ensuite le Parti Communiste (de 1921 à 1939), qui prétendaient l'assujettir à leurs intérêts particuliers.
L’originalité du syndicalisme havrais aura été de se réfugier dès décembre 1924 dans l'Autonomie syndicale, jusqu'à devenir le centre de l'Autonomie en France. Forte de ses 6.000 adhérents, I'Union Locale Autonome représentant les 2/3 des syndiqués de la place du Havre au moment de la réunification syndicale le 15 janvier 1936, au cercle Franklin, verra ses principaux militants désignés à la tête de la nouvelle Union : Le Gall, Hauguel et Hazard... Le comité général de fusion avait approuvé dans leur ensemble les statuts proposés, et réglé unanimement la composition de la commission exécutive et du bureau. Seule la question des incompatibilités des fonctions syndicales et politiques avait fait l'objet d'une discussion large et passionnée, à l'issue de laquelle la thèse de l'indépendance absolue du syndicalisme avait triomphé par 62 mandats contre 29. Tout comme en 1906, I'Union des Syndicats Ouvriers du Havre et de la région réitérait sa devise, celle de la première internationale : « L'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes ».
 
 
 
Histoire méconnue et oubliée du syndicalisme havrais (1907-1939) Tome 2
Ce livre est la suite logique du tome 1 et par conséquence la continuité d'un "massage" de mémoire syndicale. Le syndicalisme havrais a souvent fait référence tant au niveau national qu'au niveau international notamment au travers de l'affaire Durand, des grèves de 1922 ou de Bréguet... C' est pourquoi nous lui devons une attention particulière. L'Union des Syndicats du Havre (L'USH) a fourni par ailleurs des militants d'envergures fédérale et confédérale, Jean Le Gall principalement, et nous pouvons affirmer en cette fin de siècle que ce dernier représente la figure la plus marquante et la plus représentative du syndicalisme havrais des origines à nos jours. Le Havre est avant tout un port et des usines; le mouvement ouvrier havrais a donc été façonné par l'attitude des ouvriers des secteurs portuaire et métallurgiste.
Ce qui a longtemps caractérisé le syndicalisme havrais, outre sa volonté de ne pas être sous tutelle politicienne, c'est sa volonté antimilitariste, son horreur de toutes les guerres et son internationalisme (refus de charger des armes, soutien au peuple espagnol de 1936 à 1939...). Ses pratiques de grèves perlées et sa volonté de préparer la grève générale, le grand tous ensemble d'aujourd'hui, sont aussi à souligner.
La masse de documents dont nous disposons ne nous a pas permis de traiter tous les sujets que nous aurions aimés aborder. Il a fallu trier, aller à l'essentiel, sérier et faire des choix. Nous avons évacué le rapport de certains anarchistes locaux (Louis Legrain ... ) avec le premier Parti Communiste Français, celui de Péricat. Nous avons laissé de côté l'affaire Sacco et Vanzetti exécutés le 23 août 1927 aux Etats-Unis, et qui constitue au plan local une "deuxième affaire Durand". Nous n'avons retenu que quelques grèves significatives en passant sous silence toutes les autres, petites ou grandes, et qui font le quotidien et la grandeur du syndicalisme... Nous avons essayé d'équilibrer l'événementiel et l'analyse de fond; nous espérons que de nombreux étudiants et travailleurs complèteront et étofferont nos recherches. La brèche est ouverte et l'omerta rompue... Patrice