commémoration dans l’éducation nationale
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Commémorations dans l’Education Nationale L’inspection académique de Seine-Maritime vient de s’adresser aux directeurs et directrices d’école afin de reprendre la circulaire de préparation de la rentrée 2010 qui énonce, dans le cadre de l’appropriation des symboles républicains, que "les classes seront invitées à participer aux cérémonies commémoratives, l’objectif étant que chaque commune de France puisse compter sur la participation d’élèves le 8 mai et le 11 novembre". Et de leur rappeler que la sauvegarde de la liberté exige courage et vertu civique, mais aussi une réflexion stratégique et politique lucide et sans cesse réadaptée aux défis de l’époque…
A part dans les stades de football où les vertus racistes sont plutôt exacerbées où chante t-on la marseillaise, ce chant guerrier qu’un sang impur abreuve nos sillons…L’Education Nationale favorise, il est vrai ,davantage la compétition que l’entraide. Au regard du bouclier fiscal qui favorise les riches au détriment des pauvres, au regard des salaires des ministres et de celui du président de la République qui représentent une véritable provocation pour un nombre de chômeurs toujours croissant… Peut-on parler de liberté quand on est mal logé, mal nourri, mal soigné, mal payé avec l’épée de Damoclès de la précarité omniprésente au-dessus de la tête ?
Doit-on demander aux enfants d’avoir un esprit civique supérieur à ceux de nos dites élites qui spéculent, trempent dans des affaires de corruptions, de délits d’initiés ou quand la femme du ministre du budget ne paie pas ses impôts en France selon le Canard enchaîné… A l’heure où le patronat et l’Etat détricotent les acquis sociaux issus de la Résistance qui se conjugue toujours au présent ; à l’heure où de plus en plus d’historiens contestent l’immense boucherie de 1914-18 où à l’époque déjà, on disait comme Anatole France, on croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels ; à l’heure où les travailleurs par milliers sont victimes des accidents du travail, de l’amiante et meurent par milliers chaque année, on voudrait que les enseignants cautionnent ce système inique.
Mais messieurs, les recteurs et inspecteurs d’académie, vous prenez simplement la place des curés qui faute d’ouailles à convertir vous laisse le terrain libre pour demander aux gens de se taire et d’accepter leur triste sort sur cette terre.
Voilà l’enjeu de vos commémorations qui oublient bien vite que le patronat englué dans la collaboration dans son ensemble criait "plutôt Hitler que le Front Populaire". Pour vous, c’est l’union sacrée. Pour nous c’est la lutte de classe qui continue. Pas question d’entraîner les enfants dans cette galère, surtout pas les enfants des classes populaires !
(repris de CNT76)

