crapulisation

vendredi 28 mai 2010
par Père Chat
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« CRAPULARISATION », QUAND TU NOUS TIENS !…

La « crapularisation » manifeste, parce que devenue ostentatoire et ouvertement sans scrupule, du monde de la Haute Finance et des « Affaires » de la politique politicienne toutes tendances confondues ne peut que « déteindre » sur les agissements et les stratégies de ce que j’appellerai les « petits managers qui s’y croient » parce que chef d’entreprise et/ou directeur général ou président d’une association du tertiaire, voire même chef de service, chef de département ou « responsâble » de Pôle et que sais-je encore ?…

Certains, sans nul doute, savent se préserver de ces mauvais exemples. Mais tout me porte à croire qu’ils sont loin d’être majoritaires. On est la dupe si facilement d’une illusion de pouvoir lorsque l’on est affublé d’une étiquette dont on est persuadé qu’elle en impose au gogo de base, homme/femme sans grade et sans qualité sociétale reconnue. Il y a dans les deux mois, je participais à Paris –dans les Salons de la Gare de l’Est même !- si vous voulez tout savoir, à l’Assemblée Générale de mon syndicat dont je vous dirai seulement qu’il regroupe des cadres du secteur social, médico-social et sanitaire et social et point barre. Je ne vais tout de même pas, dans mes chroniques du Lib’ m’adonner benoîtement à la « délation démocratique et patriotique », telle que conseillée par les élites de nos temps pourris afin, par exemple, de renforcer notre compétitivité ou « gagner plus », comme dirait Sarko, ou tout autre fourbi explicatif et justificatif. Mais si je vous raconte tout ça, ce n’est pas pour vous barber avec un Compte-rendu du Rapport d’Activités, du Rapport dit Moral et du Rapport dit Financier comme cela se déroule rituellement dans toute Association Loi 1901 à but non lucratif, que son chiffre d’affaires soit de plusieurs milliards d’Euros (comme c’est le cas dans certaines sectes) ou de quatre-sous-deux-thunes tout à fait dérisoires. Que nenni ! Si j’ai décidé de vous parler de cette petite journée syndicale, à Paris, c’est parce que les échanges durant le repas et avant que nos travaux ne reprennent avec force et vigueur, ont été sacrément « instructionnantes ». Les déjeuners (et les dîners) sont, en effet, tout à fait comparables aux couloirs puisque c’est là aussi que l’on trouve le « Marché Noir de l’information », pour reprendre l’expression heureuse et pertinente d’un étudiant dont j’ai eu, jadis, l’honneur et l’avantage de diriger le mémoire qui étudiait les bruits de couloirs dans l’Institution médico-sociale où il était salarié. Et ce dit « Marché Noir » est autrement précieux pour cueillir les informations d’importance que les réunions officielles et institutionnelles dites « formelles ».

Les présentations faites, la table était composée de deux directeurs (l’un adjoint et l’autre général, le premier d’un hôpital et le second, d’un Institut Médico-Pédagogique), d’une psychologue, d’un sociologue (à savoir moi-même et personnellement, même si, pour varier un peu, je m’étais présenté à mes voisins de table en tant que socianalyste puisque l’analyse institutionnelle est ma véritable occupation du moment. En indépendant. Revenant à mes premières amours, c’est-à-dire : l’étude pour l’étude au « prix des choses sans prix », comme le disait mon Maître ès Sociologie : Jean DUVIGNAUD). Il y avait encore un ergothérapeute et un kinésithérapeute ainsi que deux chefs de service, un homme et une femme, l’homme en hôpital de jour, la femme en Maison de retraite.

On est d’abord passés par des considérations générales sur notre belle société. Et on s’est accordés à l’unanimité pour trouver sordide, obscène, indécent –qui dit mieux !- que, comme on nous en informe tous les jours dans les médias comme allant parfaitement de soi, certains dits humains se permettent, par de simples placements et/ou « déplacements » boursiers, en « faisant travailler leur argent » selon l’expression con-et-sacrée que le Système connaît, mettent dehors de chez eux des salariés exclus de leurs emplois et qui, par voie de conséquence, plongent leur famille dans la misère, tandis que les dits boursicoteurs anonymes et contents engrangent des fortunes en dormant.

Puis on en est venus ensuite à considérer que notre secteur de l’aide et de l’assistance aux personnes d’une façon générale n’était aucunement exemplaire d’un point de vue éthique dans les relations de travail. Et j’en ai encore appris de belles sur les mœurs dans le secteur… La chef de service, par exemple, a tenu à préciser, alors que la conversation avait dérivé vers les psys dans le travail social, que « il y a vraiment psy et psy ». Et après quelques circonlocutions prudentielles et civiles, la voilà qui se met à nous raconter que, dans son établissement, une sordide rumeur avait couru, il y a quatre ou cinq ans, comme quoi une technicienne de surface fort accorte de sa personne et venant faire ses ménages en Mercédès 220SL avait eu le malheur de rendre folle de jalousie une psychologue ayant la plus mauvaise réputation qui soit auprès des usagers. Mais, étant l’épouse d’un des administrateurs principaux de l’Association gestionnaire, elle sévissait dans le dit établissement depuis une bonne trentaine d’années malgré ses fautes professionnelles et humaines à répétition mais toujours amnistiées, comme on sait faire dans la haute politique politicienne, droite et gauche confondues. Les rémunérations de la dame chicologue étaient, on le devine, des plus avantageuses. La chef de service alla même jusqu’à dire qu’il était très imprudent d’être trop compétent dans cette boîte parce que ça heurte et inquiète les gens de la direction. On croit rêver, au premier abord, en entendant pareille ineptie, mais au deuxième rabord, in fine, cette anomalie n’est pas plus étonnante qu’autre chose dans ce monde voué à la dingomanie généralisée et où tout le monde marche plus ou moins sur la tête.

Toujours est-il que cette… « Freudienne de choc » avait jugé bon d’en faire rabattre à cette femme de ménage qui lui était insupportable de la plus basse et de la plus écoeurante des façons. Pendant le déjeuner, la narration venait à point. Qu’on en juge : les jours et heures où la Princesse-bonne-à-tout-faire était de corvée de chiottes et/ou devait faire les toilettes (rayez la mention inutile) la dame Freudienne, qui sait, symboliquement et scientifiquement, ce que la merde veut dire, allait juste un peu avant faire sa « grosse commission », ne tirait pas la chasse d’eau et laissait autour de la cuvette quatre ou cinq petits papiers merdeux.

La chef de service qui avait surpris la femme de ménage en larmes et reçu en tête à tête cette confidence que l’on ne saurait inventer en était encore outrée, voire sidérée. D’autant plus que cette chef de service devait nous confier quelques instants plus tard que deux mois après cet échange entre elle et la… technicienne de surface, cette dernière devait être retrouvée un matin par l’un de ses fils, chez elle, pendue.

Ce serait parfaitement stupide de faire un rapport de cause à effet direct entre les deux événements. D’autres éléments doivent entrer en compte, bien évidemment. Mais « l’acte » ou « passage à l’acte » de la dame psy est vraiment indigne d’une professionnelle et, pour un peu, cela aurait déshonoré à mes yeux la profession de psychologue si je n’avais été, depuis lurette, déjà bien avertis qu’il y a dans cette profession un pourcentage non négligeable de « déglingués du bulbe »…

Ce fut le kinésithérapeute qui rebondit : « On a eu, nous aussi, chez nous, à l’hôpital, il y a bien une dizaine d’années, un ancien objecteur de conscience au Service Informatique qui a été lui aussi humilié par son chef de service direct, jeune loup aux dents longues, issu de Sciences Po., un gestionnaire pur et dur et carriériste sans état d’âme.

Alors que c’était lui qui avait reçu de son D.G. (Directeur Général, comme chacun sait) une indemnité de mission assez confortable pour établir les bases informatiques d’un Intranet dans l’établissement, c’est l’ex-objecteur qui a fait le boulot et qui, au lieu de toucher une petite indemnité, se savait traité par son « chef » de « nain » ou de « pingouin » devant les collègues. »

Selon le kiné : « On ne se tue pas pour avoir été insulté par une ordure quelle qu’elle soit, sans nul doute, mais ce mode de traitement humiliant ne doit pas adoucir les chagrins d’amour. Et ce jeune qui était une crème de garçon, serviable, cordial, infiniment sympathique, s’est pendu lui aussi dans un réduit de l’établissement. En laissant un mot qui présentait son acte comme un acte d’homme libre. Ce qui dédouanait tout le monde. De fait, peine d’amour classique. Il n’y a eu aucune vague ». Et le kiné de conclure, après un long moment de silence, lourd de sens : « Allez, circulez, y’a rien à voir !…

Il n’empêche que comme le disait déjà Eva JOLY, en 2003, dans son livre « Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ? » : « Le cynisme gagne du terrain ». (Op. cit. p.17).

Reconnaissez que, pour le Père Chat et ses descendants, envisager comme avenir le développement durable du règne des chiens, c’est tout de même pas folichon, folichon… Le Père Chat

(pcc : G. Lecha) P.S. Correction de la correction concernant La Paternelle. En effet, le propriétaire du Château de Mettray, Monsieur Louis Herman Bretinnières de Courteilles, n’a pas vendu son terrain à La Paternelle, mais le lui a donné. Ce qui est encore plus philanthropique qu’on ne le pensait !…