liste des participants aux deux congrès

mercredi 9 juin 2010
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Annexe « Congrès ouvriers 1880 » et meeting de l’Alcazar

Liste des délégués aux deux Congrès.

Congrès dit « Révolutionnaire » rue de Fécamp :

1°Aillou, Quatorze chambres syndicales de Vienne.

2° Ballon, Fédération (7 groupes) des peintres en bâtiment de Paris.

3° Bazin Gustave, -1842 – ( ?) Cercles d’études sociales des Ier et IIe arrondissement de Paris. Membre de l’Internationale, condamné par contumace à la déportation dans une enceinte fortifiée. [M] guesdiste

4° Berthaud, Société des ferblantiers réunis de Paris. Encore délégué au Congrès de la FTSF à St Etienne.

5° Bestetti Eugène,-1817 – ( ?) Chambre syndicale de la cordonnerie de Paris Combattant de juin 1848. Condamné pour sa participation à la Commune à la déportation dans une enceinte fortifiée, peine commuée en cinq ans de détention. Aurait assisté au Congrès anarchiste de Londres en juillet 1881. [M]

6° Boguet, Union des mécaniciens de la Seine.

7° Bordat, -1854- ( ?) Parti ouvrier lyonnais. Militant anarchiste. Rompt avec FPOS courant 1881 en emmenant la majorité des membres de la région Est avec lui.

8° Chambonnet, Chambre syndicale des ferblantiers de Paris.

9° Cazajus, Cercle des travailleurs de Béziers.

10°, 11, 12, 13, 14, 15, Cavalier, Louis Corbon -1852-, Clément Roux, Fabre, Creissen et Boyer, de Marseille (subventionnés par le conseil municipal, mais sans aucune condition).

16° Chabert, Union des travailleurs de Paris.

17°Colliot, Cercle d’études sociales du XIXe arrondissement de Paris.

18°Coupat, -1860 – 1932 Cercle socialiste et union des travailleurs de Saint Etienne, fédération de Grenoble. Guesdiste puis possibiliste après le Congrès de St Etienne. A Amiens en 1906 après avoir participé à la tentative de « neutralisation » de la CGT votera le texte de compromis connu sous le nom de « Charte d’Amiens ». Finira sous-secrétaire d’Etat à l’enseignement technique en 1920, grâce à Millerand. [M]

19° Cuiller, Chambre syndicale du cartonnage de Paris.

20° Denis Victor, Travailleurs socialistes d’Elbeuf.

21° Dormoy, Cercle républicain des ouvriers de Montluçon.

22° Donjon, Chambres syndicales réunies, peintres et plâtriers de Roanne. Guesdiste.

23° Duluc, Chambre syndicale des cochers de la Seine.

*24° Dussas, Chambre syndicale des orgues et pianos de Paris

25° Escoffier, Chambres syndicales de Valence, Montélimar et Romans. Socialiste

26° Fauché, Union des travailleurs de la Seine.

27°Franchissein, Cercle de la fraternité d’Arles.

28° Goulette, Cercle du travail de Nancy.

29° Hébrard, Fédération cettoise (vingt-quatre groupes), les ours (sic) de Cette, l’Economie ouvrière, etc.

30° Jonquet Gustave, 1851-1883 Chambre syndicale des filetiers et des cotonniers de Lille. Délégué à St-Etienne se retire sur ordre de ses mandants (41 groupes socialistes) n’alla pas au congrès de Roanne et se prononça contre les thèses qui y furent formulées [M]

31° Josselin, Cercle d’études sociales du 18e arrondissement de Paris.

32° Kahn, Cercles d’études sociales des sixième, cinquième, et treizième arrondissements de Paris, Alliance des groupes révolutionnaires anarchistes. S’agit-il de Rodolphe Kahn ouvrier graveur membre de la Fédération jurassienne ?

33° Larcher, (Pierre) Fédération des mécaniciens de Paris.

34° Le guillanton, Six chambres syndicales de Nantes

35° Leprieur, Chambre syndicale des maçons de la Seine.

36° Lernaut, groupe ouvrier socialiste du XVIIIe arrondissement de Paris.

37° Marin, Société des instituteurs libres de Paris

*38° Menochet, Chambre syndicale des parqueteurs de la Seine. Prise de parole au congrès collectiviste.

39° Ménard, Cercle d’études sociales des quatre quartiers du 3e arrondissement de Paris.

40° Paule Minck, Jeune montagne de Toulon, Ouvrières réunies de Valence, Chambre syndicale des corporations réunies de Tarare, Chambre syndicale d’Evian-lès-bains, etc. Le Maitron la donne pour guesdiste. Comme on peut le constater par ses déclarations cela doit s’entendre au sens large. Au congrès de St Etienne elle représentait, entre autre, un groupe anarchiste de Bordeaux, comme habitude, elle essaya de recoller les morceaux. Elle participa, le 4 juillet 1881, avec Joseph Bernard et Bordat à un meeting où il fut décidé de confier mandat à Pierre Kropotkine pour représenter le groupement lyonnais au congrès antiautoritaire de Londres.

41° Mollin Gabriel, -1835 – 1912 Cercle d’études sociales, La Révolution Sociale, Cercle des travailleurs révolutionnaires de Bourges. Militant positiviste puis anarchiste. Œuvres Comptes-rendus du Congrès de Bâle 1870, accessible sur gallica.fr, et Les jobards et les roublards du positivisme, lettres au citoyen Finance.

42° Payre, Plusieurs sociétés de Saint-Chamond. (vers 1857 – (?), ouvrier tailleur [M]

*43° Pelluet, Chambre syndicale des serruriers de la Seine.

44° Pierron, Chambre syndicale des tailleurs de Paris.

45 Pluie, Chambre syndicale des mégissiers de la Seine.

46° Ponnesot, Chambre syndicale du cartonnage de Troyes.

47° Renaud, Cercle républicain des ouvriers de Commentry

48° Robelet, Cercle d’études sociales du douxième arrondissement de Paris.

49°Rouzade, -1839 - 1916 Union des femmes socialistes de Paris. Militante de la libre pensée, du féminisme et du socialisme. Candidate de l’Union des femmes socialistes aux élections municipales de 1881 elle obtint 58 voix, sans soutien des organes socialistes, alors que le candidat du Parti ouvrier n’en obtenait que 14 après une campagne très active. [M]

50° Stot, Chambres syndicales fédérées de Rennes. Se joint aux Possibilistes à St Etienne et représente les enseignants laïques libres de Paris au Congrès de la FTSF à Rennes en 1884.

51° Thiéry, Chambre syndicale de travailleurs réunis de Reims.

Commission exécutive, composée de 13 membres, comprend les délégués suivants : Bolin (Mollin ?), Berthaud, Boguet, Chambonnet, Colliot, Fauché, L’hernault, Marin, Ménard, Pelen, Pluye et Robelet de Paris, et le citoyen Quéran de Troyes.

Provenance géographique des délégués :

18 de Paris , Valence, Montélimar, Romans, Nantes, Nancy, Troyes, Vienne, Loire, lie, Seine, Marseille, Elbeuf, Montluçon, Commentry, Cette, Région du massif central(Tarare, Evian-les-bains, etc…), Lyon, Rennes,Seine, Reims, Grenoble, Seine, Béziers, Seine, Arles, Roanne, Loire, Seine inf.

donc le congrès des collectivistes peut bien revendiquer son statut de congrès à représentation nationale. mais personne du havre

Congrès dit « modéré » siégeant à Franklin

1° Angibaud 1° Délégué de Nantes pour les Chambres syndicales des boîtiers, 2° des ajusteurs, tourneurs ; 3°de la société des modeleurs mécaniciens ; 4° Union des menuisiers ;5° Chambre syndicale des ferblantiers plombiers ; 6° des maçons et tailleurs de pierre ; 7° des tonneliers.

2° Antoine Emile, comptable du Cercle des études sociales des prolétaires positivistes du Havre.

3° Balmens, des tourneurs décolleurs de Paris.

4° Boddelot, Chambre syndicale des peintres en bâtiment.

5° Benoit, Chambre syndicale des peintres en bâtiment (Rouen).

6° Bernardeau, Union syndicale de Paris.

7° Bonne Charles, -1842 – ( ?) de Roubaix, Congrès régional du Nord. En comparant ses interventions et les informations du Maitron il était conseiller municipal de Roubaix. Le 14 août 1881 il porta la contradiction à J. Guesde.

8° Baussan, Union syndicale de Paris.

9° Brouillard, Chambre syndicale des menuisiers de Châtellerault.

10° Bros-Guinot, Cercle de l’avant-garde de Cette.

11° Castillon, Chambre syndicale de Toulon.

12° Cinquin, des cartonnages de Paris, adhérant à l’Union. 13° Chantot, Union syndicale de Bordeaux.

14° Copoix, Union des ouvriers en instruments de musique.

15° Damez Charles, Chambre syndicale des lithographes de Rouen. En 1892 participa avec Nonorgue à la constitution d’une Fédération syndicale départementale

16° Danlon, Bijouterie en imitation de Paris.

17° Dauthier Irénée, Chambre syndicale des selliers de Paris. Membre de l’Internationale, signataire du manifeste contre la guerre en 1870. Condamné à plusieurs années de prison pour sa participation à la Commune.

18° Desmarets, Chambre syndicale des menuisiers du Havre.

19° Desmoulins Emile, -1823 – 1891 des instituteurs et institutrices laïques de Paris. Rejoint les possibilistes en 1884.

20° Duboeuf, Chambre syndicale des ouvriers en bâtiment de Reims.

*21° Duluc, Chambre syndicale des cochers de voitures de place, Paris.

22° Hardouin Camille, institutrices libres et laïques de Paris. Emprisonnée 6 mois pour avoir manifesté quelques sympathies pour la Commune. Assista aussi aux congrès de Paris (76) et de Lyon (78).

23° Amédée Ed. Union syndicale du cartonnage de Paris.

24° Essieu, imprimeurs-conducteurs de Paris.

25° Fagot, Chambre syndicale des cotonniers de Bolbec.

26° Finance, Cercle d’études prolétaires positiviste de Paris.

26° Gaze, Cercles d’études positivistes professionnels cuisiniers de Paris.

27° Goujat, Chambre syndicale des ouvriers en filature et tissage de Rouen.

28° Guérin, Chambre syndicale de l’industrie cotonnière de Rouen et ses environs.

29° Guionie, Chambre syndicale des typographes de Paris.

*30° Hébrard, Société coopérative de l’économie ouvrière (Cette).

31° Horel, Chambre syndicale des tailleurs et scieurs de pierre du Havre.

32° Hubert, Chambre syndicale du bronze de Paris ;

33° Kéva, Société du droit des femmes, Paris.

34° Keufer, Bibliothèque positiviste de Paris.

35° Lachard, des coupeurs chemisiers, faux-cols et cravates réunis, Paris.

36° Lambert, Société ouvrière de consommation, Maromme.

37° Lecart, Chambre syndicale des vanniers de Paris.

38° Lecat, Chambre syndicale des mécaniciens.

39° Lecomte, Chambre syndicale des pâtissiers-cuisiniers de Paris.

40° Lemonnier, Chambre syndicale des cotonniers de Lillebonne.

41° Levasseur, Chambre syndicale de l’orfèvrerie de Paris.

42° Levé Albert, -1849 - 1916 Chambre syndicale des couvreurs-plombiers-zingueurs de Rouen. Fut aussi conseillé municipal de Rouen de 1878 à 1883 ; il démissionna alors. [M]

43° Lesueur, Chambre syndicale des journaliers du Havre.

44° Loiseau Henri, Chambre syndicale des ouvriers plombiers-zingueurs du Havre.

45° Lyonnais, Chambre syndicale des ouvriers métallurgistes du Havre.

*46° Menochet, chambre syndicale des ouvriers parqueteurs de Paris.

47° Monge, de Toulon.

48° Moret, Association coopérative de l’Imprimerie Nouvelle de Paris.

49° Obdebek, Association des imprimeurs sur étoffes de Paris.

50° Pascal, congrès régional du Nord.

51° J-B. Paul, Chambre syndicale des charpentiers de navires de Marseille.

52° Pooters, de Lille, Congrès régional du nord.

*53° Pelhuet, Chambre syndicale des ouvriers serruriers de Paris.

54° Petit, Union syndicale de Paris.

55° Revet, Union des travailleurs du rayon de Bolbec.

56° Rousset, Union syndicale des menuisiers de Perpignan.

57° Scholastique, Chambre syndicale des gantiers de Paris.

58° Simon, Chambre syndicale des maçons-plâtriers du Havre.

59° Teisseire, Chambre syndicale des tanneurs de Toulon.

60° Thireau, Chambre syndicale des charpentiers en bâtiments du Havre.

61° Trotte, Chambre syndicale des menuisiers en bâtiment, Paris.

62° Turpin, Chambre syndicale des tailleurs de pierres de Rouen. 63° Vachiez, Chambre syndicale des menuisiers de Clermont-Ferran d. 64° Vallée, Union syndicale de Paris. 65° Valiet, Union syndicale de Paris.

66° De Vassal, Union des syndicats de Bordeaux.

67° Vautier, Chambre syndicale des charpentiers de navire du Havre.

68° Veyssier, Union syndicale de Paris. Présent au congrès de Paris 1881 et de Lyon en 1886

A noter : Deux homonymies : Marin, un instituteur (Congrès indépendant) l’autre calfat (Congrès officiel) Présences de Duluc, Menochet, Pelluet, et Hébrard sur les deux listes. Ils interviennent tous les quatre au congrès de la rue de Fécamp.

Le nombre de présents aux deux congrès est incertain. D’après Isidore Finance le total des participants aux deux congrès aurait été de 126 dont 71 au congrès de Franklin. Mais il ne donne pas de source. Commencé avec 57 participants le mercredi, le congrès collectiviste se poursuivra avec 59 personnes à partir de vendredi.

L’orthographe fantaisiste de noms propres rend difficile l’identification de nouveaux arrivant d’autant qu’ils ne sont jamais signalés comme tel.

Document annexe : meeting de l’Alcazar tenue le dimanche 21 de 14 heure 30 à 17 heures 45. Formation du bureau : Chabert Président ; assesseurs : Roblet et Corbon ; secrétaires : Minck, rouzade, Fauché et Marin. Douze cents personnes environ assistaient à cette réunion.

Le journal Le Havre annonce dans son édition du 22 que faute de places il donnera le résumé de ce meeting dans une édition ultérieure. Je n’ai pas retrouvé trace de ce compte-rendu. Par contre il existe un rapport conséquent conservé aux archives de Rouen. En voici le texte :

Ordre du jour de la réunion : « Capital et Travail  »

La parole est donnée au citoyen Delestre employé d’entreprise lequel dit qu’il est contraire au collectivisme. Qu’il est partisan des choses transitoires et qu’il est désastreux pour les ouvriers que le congrès de la rue de Fécamp représente, de voir des théories aussi violentes. S’adressant aux membres du congrès il leur dit : « Vous serez violents dites-vous mais vous le ne le serez que quand vous serez en nombre pour commander à la bourgeoisie ce qu’elle détient injustement. Quand vous serez en nombre vous serez la force, dites vous, mais dieu merci, vos fusils ne sont pas encore chargés. »

Il y a il est vrai, des réformes à faire pour améliorer le sort de l’ouvrier et celui de la femme, mais ces réformes doivent se demander et s’accomplir par d’autres moyens que par des coups de fusils.

L’orateur continue en s’écriant : « Arrière ces gens qui prétendent qu’ils meurent d’anémie, d’apoplexie, vous ne savez que tuer et piller. Arrière, car vous ne nous convaincrez jamais par la raison. Que vous ne serez toujours que la minorité. » (Applaudissement général.)

La parole est donnée au citoyen Marin délégué du congrès rue de Fécamp. « La bourgeoisie détient le capital monétaire et le prolétaire le capital travail ; ces deux éléments ne peuvent marcher l’un sans l’autre. Je dirai donc, comme dans les réunions précédentes, que le capital monétaire ne doit pas être centralisé dans les mains d’une seule classe au détriment d’une autre classe. Je demande en conséquence que l’on emploie tous les moyens pour arriver à détruire cet état de chose.

Le délégué du Nord vient à la tribune pour faire connaître la situation malheureuse des ouvriers de sa région ; sur le faible salaire qu’ils reçoivent et les fréquents chômages qui ont lieu. « Tous ces fléaux sont dû à la bourgeoisie qui nous traite comme des bêtes de sommes. »

Le citoyen Roblet délégué du congrès de la rue de Fécamp dit, à la tribune : « Nous représentons plusieurs millions d’ouvriers de toutes catégories et tous se plaignent de la situation qui ne peut durer davantage, et nous le ferons cesser, car nous serons les fossoyeurs de cette classe qui nous affament. »

La parole est donnée au citoyen Amouroux qui raconte les misères qu’il a éprouvées pendant la durée de sa déportation. Que ses membres meurtris portent encore la trace de sa captivité.

Il se dit contraire aux moyens violents. « Nous voulons la vraie République mais dans une lutte pacifique ; car la force et les moyens violents détruisent mais n’édifient pas. »

La parole est au citoyen Gauthier qui fait l’apologie de la Commune de 1871, en disant que les vrais défenseurs de nos libertés ont succombé devant les baïonnettes versaillaises. Il termine en disant qu’il faut balayer cette vile société bourgeoise qui nous empêche de revendiquer nos droits, quand 25.000 des nôtres ont été assassinés par eux.

La parole est donnée au citoyen Sevrier, lequel à cause de la faiblesse de sa voix, ne peut se faire entendre du public et doit quitter la tribune sans pouvoir arriver à développer ses idées qui sont tout à fait contradictoires avec le précédent orateur.

La parole est donnée à la citoyenne P. Minck, laquelle parle du travail des femmes ; « Il n’y a pas, dit-elle, 100 femmes dans Paris qui gagnent 5 Frs par jour. La moyenne est de 2Frs. J’ai été institutrice avec 4 enfants à ma charge et j’affirme que ce que je dis est vrai. On nous appelle assassin ; on nous dit que nous ne savons que tuer et piller. Je ne crains pas de vous dire à cette tribune que je faisais partie de l’insurrection de 1871 ; mais je dois dire aussi que le côté massacré a été le côté prolétaire. Qu’a fait pour nous, depuis 1871, le gouvernement républicain ? -Rien- Puisqu’on ne fait rien pour nous, il faut bien que nous le fassions nous-mêmes. »

Viens ensuite le citoyen Barascut, voyageur de commerce qui réfute en quelques mots, les théories subversives des délégués du congrès qu’il vient d’entendre ; « ces derniers –Du travail et du capital-. Mais aucun d’eux ne donne aucun moyen pratique d’arriver à un bon résultat par toute autre moyen que la violence, contre laquelle je proteste. Je reconnais que dans le programme des citoyens délégués, il peut y avoir du bon ; mais je ne le trouve pas suffisamment étudié. »

Le citoyen Chabert prend la parole et dit : « Que beaucoup de beaux parleurs ont failli à leur mandat de député, en promettant beaucoup et en tenant peu.

Quand je parle du capital, je ne prétends pas le prendre à ceux qui le possèdent. En parlant de collectivité, je dis qu’il faudrait que tout le monde fût en association. On prélèverait sur les bénéfices tout les frais généraux et chacun partagerait suivant son aptitude et son travail.

Mm. les bourgeois, nous avons fait la révolution avec vous, mais elle n’a profité qu’à vous. Nous, prolétaires, nous n’en avons rien recueilli ; il est donc assez juste que nous vous demandions, et en cas de refus que nous prenions par tous les moyens possible, notre part du gâteau comme vous l’avez fait vous-même, avec notre concours en 1789. »

L’orateur parle ensuite des loyer de Paris ; il dit que depuis 10 ans ceux de l’ouvrier ont doublé de prix sans que pour cela le salaire de celui-ci soit changé.

Le citoyen Coupat délégué prend ensuite la parole et fait connaître la situation malheureuse de sa région –Saint-Etienne- au point de vue du salaire insuffisant des ouvriers.

La séance a été relativement calme. »

La présence de Charles Amouroux au meeting de l’Alcazar pose une interrogation sur les entreprises de récupération autour des congrès ouvriers. En effet Amouroux était avec Charles Longuet, Clemenceau, Arthur Arnoult et Avrial à l’origine d’une Alliance socialiste républicaine dont la presse, en novembre 1880 annonçait la création. Cette organisation sera éphémère et se fondra dans le parti radical-socialiste par la suite.

Archives utilisées :

Musée sociale : dossiers 6794 (reprend d’une manière incomplète le journal « Le Petit Havre »), 6518 –1 (Paris), 6516-2 (Bordeaux)

Archive municipale du Havre : l’année 1880 du journal « Le Havre » 4M1 644 Archives départementales Rouen carton 4M 2705

Comptes-rendus des congrès ouvriers de 1876, 1878 et 1879

Rapport des délégués du Havre au congrès ouvrier de Paris 1876

Œuvres complètes de Pierre-Joseph Proudhon particulièrement : Qu’est-ce que la propriété ? , Confession d’un révolutionnaire, Idée sur la révolution au XIX ème siècle, (plus particulièrement les chapitres sur l’association et le principe d’autorité). Enfin je recommande la lecture de Philosophie de la misère en vis-à-vis de Misère de la philosophie de Marx.

Les congrès ouvriers et socialistes français. Ed. Bibliothèque socialiste. Léon Blum.

Tous ces documents, sauf ceux des archives du Havre et de Rouen, sont accessibles sous gallica.fr


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