Solidarité avec la FAU (communiqué CNT-F)

dimanche 21 février 2010
par Jean-Pierre
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LA COORDINATION ROUGE ET NOIRE SOLIDAIRE DE LA FAU Suite à un conflit social dans un seul cinéma, un tribunal berlinois a interdit, mi-décembre 2009, au syndicat local de la confédération «  Freie Arbeiterinnen- und Arbeiter-Union » (FAU) de se désigner comme «  syndicat » ou « syndicat de base ».

Un jour après la confirmation de cet arrêt début janvier 2010, la décision du tribunal n’était pas encore rendu par écrit, la direction du même cinéma demande au même tribunal de prononcer une « une amende d’un montant convenable [ou] l’emprisonnement des secrétaires » de la FAU Berlin. Désormais, tous les syndicalistes FAU à Berlin – et pas uniquement les salariés de l’entreprise en question – se voient privés de leurs droits syndicaux (droits de grève et de signature). Autres pays, autres mœurs ? Pas du tout ! Nous tous connaissent de semblables attaques à des syndicats de lutte sous n’importe quel prétexte. Citons par exemple l’interdiction de la CNT-PTT en France en 2006 ou les multiples cas de répression en Suède, Espagne, Grèce, Italie, Angleterre ou Pologne ou ailleurs. À Berlin aussi, il s’agit d’une infraction aux libertés syndicales pourtant protégés par la Constitution allemande et par la convention C87 de l’Organisation Internationale du Travail. Car c’est bien uniquement aux travailleurs de définir ce qu’est un syndicat et de choisir son organisation syndicale ! Fidèles au mot d’ordre du mouvement syndical : « Une attaque contre un seul est une attaque contre tous ! », les organisations soussignées informeront le public de cette scandaleuse affaire d’état. Nous appelons la Cour de cassation à annuler cette interdiction d’exercer le droit syndical, et appelons les juges allemands à arrêter de charger la FAU Berlin de peines juridiques alors que son seul but en tant que syndicat est de défendre les intérêts et besoins de ses membres. Afin de faire pression sur l’État allemand et afin de soutenir activement nos camarades de la FAU, les organisations membres de la Coordination rouge et noire organiseront différentes actions dans la semaine du 12 au 20 février 2010 en parallèle au festival international du cinéma à Berlin. L’État allemand doit respecter la liberté syndicale ! Vive la solidarité internationale des travailleur-seuses ! Vive l’anarcho-syndicalisme et le syndicalisme révolutionnaire ! La Coordination anarcho-syndicaliste (CNT (France), USI (Italie), IP (Pologne), CGT (Espagne), SAC (Suède))

Voici le texte d’une lettre de protestation à envoyer

ville, [date] 2010 nom rue ville

Landgericht Berlin Tegeler Weg 17–21 10617 Berlin – Allemagne

Email : / Fax : 00 49 30 90 18 85 18

Objet : Respect de la liberté syndicale à Berlin Betreff : Koalitionsfreiheit im Bundesland Berlin

Madame, Monsieur, L’Allemagne se vante d’être un brillant exemple de démocratie, mais quand il s’agit des droits des travailleurs à se syndiquer, la démocratie n’a pas l’air de compter. Leur liberté syndicale est limitée par des interdictions.

Votre Cour de première instance a décidé que la FAU Berlin ne doit plus se nommer « syndicat », ou encore « syndicat de base ». Cela a été décidé sans prendre en compte les dires des syndicalistes de la FAU Berlin. Cet arrêt est une interdiction de fait du syndicat. L’interdiction d’une organisation indépendante de travailleurs est un scandale !

Ainsi, vous marchez sur les droits de ces travailleurs. Et vous enfreignez les conventions ILO et les droits humains.

Nous informerons le public de cette scandaleuse affaire d’état, et exigeons que vous annulez cette interdiction d’exercer le droit syndical, et arrêtez de charger la FAU Berlin de peines juridiques alors que son seul but en tant que syndicat est de défendre les intérêts et besoins de ses membres.

Sehr geehrte Damen und Herren vom Landgericht Berlin, Deutschland stellt sich selbst gern als Musterland der Demokratie dar. Aber diese Demokratie scheint nicht für die gewerkschaftlichen Rechte der ArbeiterInnen zu gelten. Ihnen wird durch Verbote die Freiheit zur Bildung von Gewerkschaften beschnitten.

So haben Sie der FAU Berlin verboten, sich als „Gewerkschaft“ und „Basisgewerkschaft“ zu bezeichnen ! Und das, ohne diese Gewerkschafter und Gewerkschafterinnen anzuhören ! Dies bedeutet faktisch ein Verbot dieser Gewerkschaft. Dieses Verbot der eigenständigen Organisierung von Arbeitern und Arbeiterinnen ist ein Skandal !

Damit treten Sie nicht nur deren Rechte mit Füßen, sondern verstoßen auch gegen ILO-Konventionen und Menschenrechte.

Wir werden die Öffentlichkeit über diesen skandalösen Vorfall in Kenntnis setzen und fordern Sie auf, dieses Verbot rückgängig zu machen und die FAU Berlin nicht weiter mit Strafe zu bedrohen, wenn sie sich öffentlich als Gewerkschaft für die Interessen und Belange ihrer Mitglieder einsetzt.

Bien à vous, mit freundlichen Grüßen,

nom/signature, organisation